A

 
Abraham Jean-Pierre
Adonis
Ancet Jacques
Auster   Paul 
   
 
Beausoleil  Claude 
Bekri Tahar
Benhamou Maurice
Bensoussan Alber
Bianu Zéno
Bourçon Michel
Bourg Lionel
Bousquet Joë
Broda Martine
Butor Michel
   
 C   
Carlos Williams William
Celan Paul
Chédid Andrée
Cheng François
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Combet Claude-Louis
Conrad Joseph
   
 D   
Daumal René
Degrotte Ludovic
Demangeot Cédric
Depestre René
De Richaud André
Derrida Jacques
Dhainaut Pierre 
Di Manno Yves
Dobzynski Charles 
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Du Bouchet André 
Dupin Jacques
   
 
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Eliraz Israël
   
 
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Fano
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 G  
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Guez-Ricord C.-G.
Guillevic Eugène
   
H
 
Henein georges
Hikmet Nazim
   
 
Ince Özdemir
   
J
 
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Jamme Franck André
Juarroz Roberto
Juliet Charles 
   
 
Khatibi Abdelkébir
   
 
Laäbi Abdellatif
Lamarche-Vadel Bernard
Lambersy Werner 
Laugier Emmanuel
Laulla Anita J  
Lemaire Gérard-Georges
Louis-Combet Claude
Luca Ghérasim
 

 

 

Emmanuel Laugier

couv de Vertébral eds Didier Devillez

Emmanuel laugier est né en 1969 à Meknès (Maroc). Il vit et travaille à Paris. Il fait partie de la commission poésie du Centre National du Livre depuis septembre 2003. Par ailleurs, il fait partie du comité de rédaction de la revue L'Animal (Metz), où il écrit, entre autre, sur le cinéma.

Une figure hante cette trilogie d'Emmanuel Laugier, une figure qui va se démultipliant. Une figure d'homme, simple enveloppe flottante : de " grands manteaux sombres ", des " cabans longs ", des " têtes avec chapeaux bien enfoncés ". Ces " feutres bas / et chapeaux mous sur la tête " avancent, arrivent de partout à la fois sans qu'on les entende vraiment. Anonymes, " ils investissent / et habitent les yeux / crèvent les oreilles crèvent / l'ouïe ", ils nous font ce que nous sommes : maigres, petits, malvoyants, recroquevillés dans notre peur de la mort, vidés d'air et pourtant si verbeux ! Ombres déjà. Comme eux.

On leur doit d'être. Pourtant. Mais dans l'asphyxie. C'est de cela qu'il faut s'arracher. Se défaire, comme on décollerait un masque, pour qu'un peu d'air lave les peaux mortes d'un visage en attente. Fuir, loin des mains qui émergent des longs manteaux. Ou glisser entre leurs doigts. Se sauver. Se trouver. Trouver l'issue dans la langue puisque c'est de là qu'ils tiennent leur pouvoir. Et trouver enfin du corps.

Il est difficile de citer ces longs textes, ces longues coulées, cette lave sans cesse aux prises avec un sol cahoteux. D'où ces points, ces tirets, quand ce ne sont pas des slashs qui coupent et relient dans un bord à bord rugueux les mots entre eux. D'où ces enjambements et ces rejets, ces reprises, ces répétitions tronquées, ces décalages, ces sauts, ces accélérations, ces glissandos. Et tout ce blanc. Au milieu. Rayé. Biffé. Marqué. Tatoué du cerne noir des mots. Si on a l'impression parfois de ce que décidément ce n'est pas possible, on n'arrivera pas au bas de la séquence, c'est qu'on a mal évalué la pente - le réel toujours défait nos pauvres estimations ! - on respire mal, on halète. Pourtant l'air, cette " lame " chez Emmanuel Laugier, cette " blanche lame de souffle ", finit par passer. Et c'est le cour qui bat au bord des lèvres de " la montagne noire ", c'est lui qui va " en soi-même glisser ".

La langue d'Emmanuel Laugier est bien la nôtre mais telle qu'elle sourd, modelée, rythmée par les défilés du corps, rendue orageuse par les barrières qu'il est capable de dresser. Imprévisibles. Après la retenue, le débit s'amplifie. Les mots giclent, bouillonnent, écument. L'important, on le sent bien, c'est cette force qui les pousse, les précipite, les roule. Cela qui passe et se perd entre les mots, entre les lignes, entre les pages.

Il y a une dynamique expressive chez Emmanuel Laugier qui engage une lecture comme une marche sur un chemin mal empierré, un chemin où affleureraient en cargneules pénitentes quelques pierres ruinées. C'est cela qui émeut. Trouble : la poésie non plus comme un écrit, création plus ou moins bien assurée d'un objet verbal, mais comme un acte, un moment de l'existence en mouvement vers son sens, un essai " de passer à travers ", une tentative de " faire / au moins faire / un dégagement ". Pas comme on tape en touche mais loin devant. Pour se donner de l'air. Celui qui passant dans la flûte des vertèbres rendra ce son. Celui de l'homme. Sa chance.

Alain Freixe

dans le journal l'Humanité avril 2003

car ensommeillé et encore
au milieu de la place
dormant le poème debout cheval
sur la table l'ayant
ne l'ayant pas appelé
me revient
il y a un tendeur d'air
entre mes mains coupes de
maintenant alors
et sans plus

revenant
le poème alors
alors

dans l'air jaune du chien l'été
passant la place
vide
contracte est à bout
portant un point
fuyant où rien ne passe plus
ou pas encore senti qu'il
ne naturalise pas
plutôt fractionne la cage en 2
respirations le voilà
par la diagonale le suspendu
au milieu de mourir me voilà
pendu à son respir l'étant sans l'avoir
été même encore
continuer


extraits de Suivantes, 2004 eds Didier Devillez

voir aussi :

les éditions Didier Devillez Belgique

le dossier de Remue Net

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Bibliographie sélective

éditions Unes

Et je suis dehors déjà je suis dans l'air

1998. dessin de l'auteur 

 

Et je suis dehors déjà je suis dans l'air

2000 , 4 collages de Marie Alloy 

 

éditions Le silence qui roule

Réverb’

Poèmes inédits d’Emmanuel Laugier, accompagnés de 7 aquarelles originales de Marie Alloy

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Hante ton aisselle au bout de quoi

poème inédit d’ Emmanuel Laugier, accompagné de 16 aquatintes en couleurs d’1m de longde Marie Alloy, et 1 dessin original de l’auteur

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Dans l’écart

Collectif, ill. de Marie Alloy.

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(diffusion Art Point France)

Publications

- Suivantes eds Didier Devillez, 2004 11,40€

- Tout notre aer se noirci & Du Bartas, La Sepma ine , éditions 1 : 1, 2003
Poèmes dans l'anthologie franco-croate 11,40€

"or - que cela
commence ait
commencé qu'il faille
dire - où vide où
terre où cendre
craie poudre de
rien - le dire
après lui après
son faire : reste pour nous tout
cet air de dire
tout le (nôtre)
se noircit alors
c'est nuit dans la nuit jusque là
l'(aer) tout nôtre
air vient
venant faire
un long - comment
lent ensemencement de la terre
sous les ongles
se colle/est (...)"

- Mars poetica , co-édition Le temps des cerises, Le Printemps des poètes, 2003

- Portrait de têtes , Éditions Prétexte, 2002 9,50€

mais du pas qui annule en avançant
je retourne une peau contre une autre
et passe
de l'ongle entre ses dents à
rien une lame siffle quelque chose brille par terre
c'est qu'il y a :
mêmes têtes charbonneuses noires
venteuses et n'entendent toujours pas
même charbon de têtes dans le vent
noir du même rire

note de l'éditeur : Cinquième livre de poésie d'Emmanuel Laugier, Portrait de têtes vient poursuivre et clore un cycle de trois ouvrages poétiques, dont les deux premiers volumes sont parus chez Didier Devillez éditeur (Son corps flottant, 2000 et Vertébral, 2002). De fait, la résonance des titres prend toute sa mesure : le corps, depuis son enveloppe flottante, en passant par sa colonne vertébrale, jusqu'à sa tête...

Le corps donc est au centre de ce travail poétique, un corps qui s'invente dans la langue du poète, et au sein même de cette langue, dans la mémoire des perceptions et sensations qui le parcourrent, sels d'argent impreignant les cellules physiques, lesquelles sont retraduites dans le mouvement du poème. Le rythme des vers d'Emmanuel Laugier est celui d'une phrase qui se cherche en se formulant, se reprend, se casse, s'expand, et se (re)commence. Le vers dès lors est ce corps en allant, en marche, secoué, apaisé, puis relancé d'un motif à un autre, d'une réminiscence soudaine à un arrêt de concrétude sèche. C'est notre corps mis en bouche qui est ici osculté, son ombre fuyante comme sa consistance insaisissable, jusqu'à chercher quelque échappatoire, jusqu'à rêver par exempe d'être hors de soi...? Mais ce serait oublier qu'un fantôme nous habite tous, celui de notre finitude. Et nous ne sommes, avec la poésie d'Emmanuel Laugier, que " des esprits et du temps " enfermés au coeur d'enveloppes corporelles qui se croisent, se touchent : des doigts remuant dans l'espace, des rires en échos dans l'air, un " vide long au milieu de têtes / entre noir et nuit ". Nous sommes ce plus-que-présent de nos corps qui existent, agissent, parlent et bougent dans cette continuité étrange mêlant l'élancée de la vie (et les plaisirs de tous nos sens) avec la proximité de la chute (et notre propre disparition). .

- Vertébral , eds Didier Devillez, 2002


- Son / corps / flottant , eds Didier Devillez, 2000

- L'il bande , eds Deyrolle, 1997

Essais et direction d'ouvrages :

Poésie variations T3, huit études sur la poésie contemporaine, sous la direction de Lionel Destremau et Emmanuel Laugier, eds Pretexte 2004 10,45€

Pluralités du poème , T2, huit études sur la poésie contemporaine, sous la direction de Lionel Destremau et Emmanuel Laugier, eds Prétexte, 2003


Singularités du sujet, T1, huit études sur la poésie contemporaine, sous la direction de Lionel Destremau et Emmanuel Laugier , eds Prétexte , 2002


Sans rien dire , postface à de Nul lieu et du Japon de Jacques Dupin Édition Farrago/ Léo Scheer 2001


Strates , Cahier Jacques Dupin sous la direction d'Emmanuel Laugier, Édition Farrago/ Léo Scheer, 2000

Autres :

Têtes , composition de Nils Méchin, textes extraits de Portrait de têtes de E. Laugier La Maroquinerie & Maison de la poésie de Paris, 2002
Sans titre, composition de Nils Méchin pour une voix et vingt instruments, textes extraits de L'il bande de E. Laugier Conservatoire de la Villette, Paris, CD journée de la composition , 1997

Livres d'artistes

Hante ton aisselle.. gravures de Marie Alloy - éditions Le Silence qui roule, 1998

Rapide Vif très rapide (en collaboration avec Florence Farrugia - éditions De, 1998


Reverb ' éditions Le Silence qui roule, 1998

 

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